Stockholm en 8 points de vue répartis sur 2 îles
Les îles de la tentation.
- Récit par Sarah Sergent
- Mai 2026
Zoom sur nos deux coups de coeur à Stockholm : Gamla Stan & Gamla Stan
De retour d’une année d’itinérance à travers l’Europe, Sarah partage avec nous les étapes marquantes de son voyage. Après nous avoir fait découvrir les paysages des Balkans et l’atmosphère hivernale de Heidelberg en Allemagne, elle nous emmène aujourd’hui à Stockholm. Récit de voyage.
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Stockholm est en réalité un ensemble d’îlots posés entre la Baltique et le lac Mälaren. Dans cet archipel urbain, on prend le ferry comme on prend le métro, profitant à chaque traversée de superbes panoramas. Les quatorze îles principales couvrent à elles seules un tiers de la capitale. Chacune d’elle est différente. Nos coups de cœur ? Gamla Stan et Djurgården, respectivement le centre médiéval et l’île verte de Stockholm où se sont installés les muséesSkansen, Abba, Vasa, Nordiska et le parc d’attraction historique de Gröna Lund, en lisière des jardins royaux.
Gamla Stan, le cœur battant de Stockholm
Avec ses ruelles pavées, ses façades à pignons jaunes et rouges et ses clochers baroques, Gamla Stan a des airs d’Italie ! La Vieille Ville s’étire sur Stadsholmen, Riddarholmen et Strömsborg dans un décor médiéval né au XIIIᵉ s., enrichi de splendides bâtiments des XVIIᵉ et XVIIIᵉ s. Stortorget est la plus ancienne place de la capitale. Aux beaux jours, peintres et fleuristes gravitent autour de la fontaine et les terrasses sont prises d’assaut. Quant à Västerlånggatan et Stora Nygatan, ces deux artères commerçantes offrent une foule d’adresses gourmandes. Storkyrkan, somptueuse, est la cathédrale des couronnements et des mariages. Dans la nef, la tribune royale du XVIIᵉ s. contraste avec l’architecture gothique de l’édifice. La voûte étoilée est flamboyante ! On aime aussi la Tyskakyrkan, une église du XVIᵉ s. où vitraux, fresques et tribune en bois doré forment un magnifique ensemble. Aurions-nous oublié de vous recommander la visite du palais royal ? Non ! Seule la relève de la garde à cheval, accompagnée d’une fanfare exceptionnelle, vaut le détour
Nos bonnes adresses à Stockholm
Où dormir à Stockholm ?
Où manger à Stockholm ?
- CHOKLADKOPPEN, café dans un cadre historique
- FIKA & WINE, cuisine traditionnelle
- Rosendals, vos repas dans un jardin
- Skrotens, atypique !
- Villa Godthem, gastronomique suédoise
Où louer un vélo à Stockholm ?
Djurgården, des animations en pleine nature
Gröna Lund.
À mesure que l’on s’éloigne du quai de Slussen, le front de mer s’efface pour faire place 10 min plus tard aux mâts du Vasa et aux montagnes russes de Gröna Lund. On accoste alors sous les cris des adeptes du genre, lancés à 70 km/h, perchés à 121 m dans le plus haut manège du monde. L’île rassemble également des musées tout aussi haletants…
Skansen
Skansen est le plus ancien musée en plein air au monde, où 150 maisons et fermes remontant jusqu’au XIVᵉ s., témoignent de la Suède d’avant l’ère industrielle. Le personnel en costume d’époque raconte la vie paysanne, les métiers d’autrefois et les gestes oubliés. Des groupes folkloriques se chargent de l’animation. Le lieu abrite aussi un zoo dédié où observer lynx, loups, ours, élans, rennes et bisons
Abba, The Museum
Dans la file d’attente d’Abba, The Museum, les fans trépignent sur le tapis rose. À l’intérieur, un montage fulgurant retrace les tournées du groupe. On remonte jusqu’aux années 50 et 60, illustrées par des photos d’archives des membres dans un décor rétro. Un téléphone rouge, clin d’œil à Ring Ring, peut sonner à tout moment, avec au bout du fil… Agnetha, Björn, Frida ou Benny ! La visite met en lumière leur victoire à l’Eurovision de 1974, relatant leur parcours tumultueux jusqu’à Brighton. Plusieurs espaces reconstituent leur univers professionnel — studio d’enregistrement, loges — et proposent des expériences interactives comme des karaokés, une scène holographique à partager avec le groupe et des quizz. Comment ne pas se prendre au jeu ?
Vasa
Le Vasa aurait dû filer vers Gdańsk mais n’aura parcouru que 120 m avant de sombrer, ce 10 août 1628, sous les yeux d’une foule médusée. Trente personnes périrent en quelques minutes sur les 250 personnes à bord. Chef‑d’œuvre d’orgueil royal, le navire devait incarner la suprématie maritime de la Suède. Ses sculptures foisonnantes, son allure martiale, tout annonçait un vaisseau révolutionnaire. Mais l’innovation exige du temps, des essais, des corrections, autant de précautions que l’on sacrifia pour satisfaire un roi impatient. Les tests de stabilité avaient pourtant alerté les officiers mais personne n’osa contredire Gustave II Adolphe. On misa sur la chance. Elle fit défaut ! Comment connaît‑on aujourd’hui l’histoire du Vasa ? Grâce aux archives du XVIIᵉ s. et à l’obstination d’Anders Franzén, un jeune ingénieur passionné d’épaves. Le 25 août 1956, en sondant la baie de Stockholm, son grappin accrocha un bloc de chêne. Quelques heures plus tard, un scaphandrier descendit à 32 m : le navire était là, intact, miraculeusement préservé par les eaux peu salées de la Baltique, épargné par les tarets qui dévorent d’ordinaire les coques anciennes. Restait l’impossible : le renflouer. L’opération débuta en 1957 et demanda deux ans d’efforts titanesques. Le 20 août 1959, à midi, le Vasa émergea enfin, après quatre heures de pompage. Mais il fallut encore patienter jusqu’au 24 avril 1962 pour assister à sa remontée définitive. Une épopée technique, pleine de suspense, racontée en français dans le film de 30 min projeté au musée. On en ressort captivé !
Nordiska Museet
Le Nordiska Museet propose une exposition permanente d’une intelligence et d’une poésie visuelle infinie : « The Arctic ». À l’heure où cette région se réchauffe trois fois plus vite que le reste du globe, il offre une plongée saisissante dans ce monde en pleine mutation. L’entrée, figurant une brèche dans la banquise, donne le ton : lumière blanche, reflets bleutés, sensations de surface et de profondeur… l’illusion est totale. Dès les premières minutes, un compte‑à‑rebours rappelle l’urgence climatique, mais ce n’est pas tout. Le propos du Nordiska est de partager la vie des peuples de l’Arctique, leur ingéniosité millénaire et leur capacité à survivre dans un environnement extrême. On découvre les Samis et leur kit de survie, les embarcations cousues de racines ou de tendons, les kayaks taillés pour la chasse, les outils indispensables pour se protéger, se déplacer, se nourrir. L’exposition aborde aussi les sujets des ressources minières tant convoitées, des risques sanitaires liés au dégel du permafrost, de l’héritage toxique de la Guerre froide avec en particulier le devenir de cette base nucléaire abandonnée sous la glace du Groenland. Autant de défis qui redessinent déjà l’avenir de la région.
Prins Eugens Waldemarsudde
On monte dans le tram ou on enfourche un vélo pour filer au domaine du Prins Eugens Waldemarsudde, porté par la beauté des paysages, en passant par les anciens chantiers navals, la marina, les herbes hautes et les plages. Autour de la maison, une terrasse ombragée de châtaigniers, une fontaine, des massifs fleuris et des sculptures majeures, dont un rare exemplaire du Penseur de Rodin, veillent sur la mer scintillante. Une gloriette contemple le fjord. Plus loin, un moulin du XVIIIᵉ s. domine d’autres parterres de fleurs enchanteurs. Né en 1865, le prince Eugen était l’arrière‑grand‑oncle du roi actuel. En plus de ses talents artistiques, il avait un esprit vif et beaucoup d’humour, ce qui lui valait d’être très entouré, notamment de recevoir régulièrement dans sa salle à manger, sous un lustre de Baccarat majestueux, toute la fine fleur européenne. Le Corbusier dit y avoir savouré au cours d’un de ces dîners, un champagne remarquable !
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