Visiter Matera : un voyage temporel extraordinaire en Italie
Une halte italienne bouleversante.
- Récit par Sarah Sergent
- Avril 2026
Visiter Matera en Italie
Il existe des villes qui se visitent et d’autres qui se vivent. Matera appartient à cette seconde catégorie. Accrochée aux falaises de la Basilicate, dans le sud de l’Italie, elle déploie un paysage minéral unique au monde : un entrelacs de grottes, de ruelles et de maisons troglodytes qui semblent avoir été sculptées par le temps lui-même. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, Matera est une halte bouleversante pour un week-end mémorable.
Matera est à 1h de route seulement de l’aéroport de Bari et peut donc être une destination de week-end. Cette halte peut être également intégrée à un voyage itinérant dans les Pouilles, puisque situé à la frontière de la Basilicate. Dans le cadre d’un séjour de 4 jours, elle est peut-être couplée avec le village tout aussi pittoresque d’Alberobello, à 70 km.
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Metera : Une histoire écrite dans la pierre
Matera n’a pas été construite mais bel et bien creusée. Les premières traces d’occupation remontent à environ 9 000 ans, lorsque les hommes préhistoriques s’installèrent dans les cavités naturelles du ravin. Au fil des siècles, ces abris se transformèrent en habitations formant de véritables quartiers troglodytes, inscrits dans deux amphithéâtres appelés « Sassi ». Dire que cet ensemble incroyable a failli disparaître ! En effet, dans les années 1950, l’État italien découvrit avec stupeur un site où les conditions de vie étaient désastreuses, du fait de la surpopulation, de l’insalubrité et de l’absence d’eau courante. Toutes ces raisons l’ont amené à évacuer les habitants. Cette découverte fut en plus d’un drame social une honte nationale, un exemple de ce que l’Italie moderne ne voulait plus voir.
Matera aurait pu de fait et définitivement tomber dans l’oubli mais dieu merci, dans les années 1980, la ville a entamé un processus de réhabilitation qui l’a conduite jusqu’au titre de Capitale européenne de la culture en 2019. Une revanche éclatante !
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Marcher dans les Sassi, c’est pénétrer dans un labyrinthe où chaque ruelle raconte une histoire, un peu comme à Pompéi, mais Matera, elle, est une ville bien vivante ! Les maisons semblent empilées les unes sur les autres, Certaines sont creusées dans le tuf, offrant de la fraîcheur en été et une douceur agréable en hiver. D’autres sont plaquées en façade. Chaque toit devient la terrasse ou la cour d’une maison haute, créant un enchevêtrement fascinant. Le génie hydraulique des habitants de l’Antiquité se lit encore dans les citernes et les canaux qui serpentent sous nos pieds, un système si sophistiqué qu’il est aujourd’hui étudié comme un modèle d’urbanisme durable. Matera avait compris avant l’heure comment vivre avec peu, en optimisant ses ressources.
Passer de la ville basse – commerçante et animée – à la ville haute requiert une bonne condition physique, sans oublier vos chaussures de marche. L’ascension est certes progressive mais vous voudrez sans doute fouler tout comme nous, le moindre mètre carré et pour cela grimper sur les rochers et emprunter chaque escalier. Vous ferez bien entendu des pauses à la terrasse d’un café ou mieux, d’un glacier mais pas n’importe lequel : I Vizi degli Angeli ! Toujours est-il que chaque perspective est un émerveillement, qui plus est mise en valeur par cet écrin de verdure fabuleux que constitue le ravin. La cité fourmille de belvédères permettant d’embrasser des vues exceptionnelles sur différents quartiers. Photographes et romantiques vont s’en donner à cœur joie.
Des sites religieux insolites
Matera a servi de décor à de nombreux films, dont La Passion du Christ de Mel Gibson, tant son atmosphère évoque les cités bibliques. Le réalisateur américain confia à la presse : « C’était le seul lieu capable de devenir Jérusalem ». La cité et ses environs abritent plus de 150 églises rupestres exceptionnelles. Souvent réalisées entre les IXᵉ et le XIIIᵉ siècles, elles témoignent d’une rare intensité spirituelle. Notre conseil ? Achetez un billet pour coupler plusieurs églises car les places sont chères !
Le parvis de la cathédrale
Depuis le parvis de la cathédrale, les touristes ébahis contemplent le Sasso Barisano, le Sasso Caveoso et le canyon de la Gravina. Bâtie sur une ancienne église rupestre, l’édifice du XIIIe s. est un chef-d’œuvre de style roman apulien. Sa façade imposante, son campanile élancé, visible de partout, sa rosace et son intérieur richement décoré en font un incontournable. Dans la nef, des fresques médiévales ont été découvertes lors de restaurations. La fusion des styles Renaissance et baroque à leur apogée est un pur ravissement.
L’église de San Pietro Caveoso
Accrochée au bord du ravin, l’église de San Pietro Caveoso apparaît comme suspendue entre ciel et terre. Elle domine le Sasso Caveoso et offre elle-aussi une vue saisissante. Son plafond en bois peint est rare dans la région. Ses chapelles latérales sont ornées de peintures murales. Le maître-autel baroque tranche avec la sobriété extérieure. Cette dualité entre austérité dehors et richesse dedans, est typique de Matera.
L’église de Santa Maria de Idris
Perchée sur l’éperon panoramique du Monterrone, partiellement creusée, partiellement bâtie, l’église de Santa Maria de Idris cache derrière un autel du XVIIIe s., une crypte où admirer des fresques allant du XIIe au XVIIe s.
La grotte-église de Santa Lucia alle Malve
Fondée au VIIIe s., la grotte-église de Santa Lucia alle Malve dévoile une succession de cavités ornées de peintures rupestres qui comptent parmi les plus belles de l’Art byzantin en Basilicate. L’Archange Michel, la Vierge et des saints liés à l’ordre bénédictin règnent sur ces espaces intimes qui semblent encore conserver le souffle des moniales qui y vécurent.
Madonna delle Virtù et San Nicola dei Greci
Place maintenant au complexe médiéval de Madonna delle Virtù et San Nicola dei Greci ! Cette mini cité monastique fut creusée sur plusieurs niveaux dans la paroi du Sasso Barisano. Les moines utilisaient d’ailleurs le pouvoir acoustique de cette paroi pour amplifier leurs chants. Chapelles, cellules, citernes et espaces de vie communautaires ont été mis au jour. Ses fresques splendides, d’inspiration byzantine, dont certaines figurant des saints orientaux, sont d’une grande valeur. Peu de touristes s’y aventurent, privilégiant les sites les plus connus. Raison de plus pour pousser la porte du sanctuaire !
La crypte du Péché Originel
Située à 10 km de Matera, la crypte du Péché Originel, surnommée la « Chapelle Sixtine rupestre », est un trésor absolu. Ses peintures murales du VIIIᵉ s. réalisées par l’artiste dit « le Peintre des Fleurs » représentent la Création, Adam et Ève, ainsi qu’une procession d’archanges aux couleurs vives, étonnamment conservées. L’atmosphère y est carrément mystique, à en avoir la chair de poule…
Matera au coucher du soleil : une vision magique
En quittant les Sassi, on se retourne une dernière fois. Quand la lumière décline, les façades s’embrasent au coucher du soleil et les ombres s’allongent. Au moment de l’heure bleue, les milliers de fenêtres s’illuminent et surgit alors une vision d’une beauté indescriptible.
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