City-break dans les Alpilles en Provence : idées de séjour

Les Maisons Imaginaires, la porte d'entrée sur les Alpilles

De Saint-Rémy-de-Provence à Eyragues, une destination où architecture, patrimoine et gastronomie composent
un seul et même territoire.

© David Rosemberg

Préparer son city break dans les Alpilles, en Provence

De Saint-Rémy-de-Provence à Eyragues, une destination où architecture, patrimoine et gastronomie composent un seul et même territoire. Trois maisons de la collection Les Maisons Imaginaires pour dormir, deux tables où s’attabler, et un itinéraire à vélo ou en voiture jusqu’aux Baux-de-Provence : de quoi composer un city-break à deux sur un long week-end, ou un road-trip en famille sur cinq à six jours.

Point de départ : Saint-Rémy-de-Provence

Nous arrivons à Saint-Rémy-de-Provence aux derniers jours du printemps, lorsque les ruelles du centre et les terrasses sont encore calmes. Les cyprès ponctuent le paysage. Les oliviers s’étendent de part et d’autre des champs. Puis les Alpilles apparaissent, blanches sous le soleil. La lumière, les reliefs, les alignements d’arbres… le paysage paraît familier. Comme s’il faisait déjà partie de notre imaginaire de la Provence.

Adresse où dormir : L'Atelier des Architectes, un refuge suspendu

Depuis la rue déjà les lignes arrondies de la terrasse attirent le regard et la curiosité. Elles rappellent le style art nouveau de l’architecture des années 1900. Des balcons comme celui-ci à Saint-Rémy, vous n’en verrez pas deux. Une fois la cour traversée, quelques marches conduisent au dernier étage du bâtiment, accolé à l’ancien moulin historique du village. C’est là que les frères Bosc ont choisi d’installer l’Atelier. Un vaste loft en plein cœur de Saint-Rémy. À quelques pas des ruelles animées, un refuge où le silence domine. Sur la terrasse, depuis le bain nordique, les jardins de l’Hôtel de Provence occupent le premier plan. Au loin, les Alpilles ferment l’horizon.

Le style de l’appartement a une vraie signature, qui croise de multiples influences avec beaucoup de sobriété. Comme si on entrait dans un cabinet de curiosités moderne. Des masques africains. Des fleurs séchées de Provence. Un vase rose très pop. Une immense colonne de raphia au centre du salon, qui donne presque le sentiment d’être dans un village d’Afrique de l’Ouest. La décoration est un vrai métissage qu’on aurait bien du mal à classer. Plusieurs pièces anciennes côtoient les créations contemporaines de Bosc Design. Un travail de goût mesuré qui rend l’ensemble humble. Des matières naturelles, du bois, de la pierre viennent composer un intérieur chaleureux où il fait bon vivre. Les chambres prolongent cette même sensation. Des volumes sobres. Peu d’objets. Juste ce qu’il faut pour jouer avec les ombres.

Juste en dessous de l’Atelier, l’Agence Bosc poursuit ses activités. Et cette proximité en dit long sur leur façon d’envisager l’hospitalité. C’est ici que sont dessinés les projets qui façonnent les Alpilles depuis plus de cinquante ans. Fondée par Hugues Bosc, aujourd’hui reprise par ses fils, Jean et Arthur, l’agence réinvente bastides, maisons, et paysages dans toute la région. Les frères parlent souvent de transmission. La collection des Maisons Imaginaires est née de cette idée simple : “partager des maisons qui ont d’abord été vécues.”

© David Rosemberg
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Flâner dans Saint-Rémy-de-Provence

Idéal pour profiter de la ville, depuis l’appartement tout se fait à pied. À deux pas, un petit bistrot, plusieurs restaurants et crêperies. Le village se découvre sans itinéraire précis, une rue appelle la suivante. Une galerie ouverte derrière une porte ancienne. Une façade ocre attire la lumière. Un peu plus loin, une ruelle étroite débouche sur un atelier d’artiste.
À l’heure du déjeuner, les tables du Bistrot de Saint-Rémy commencent doucement à se remplir. L’adresse attire d’abord par son allure baroque, et sa terrasse arborée au décor soigné. Chaque jour, un menu unique imaginé à partir de produits frais. Une formule simple qui laisse toute la place aux saisons et à l’inspiration du chef.
Sous les arbres, l’ambiance reste paisible. Beaucoup de visiteurs étrangers, quelques habitués et une équipe qui prend le temps de nous raconter les vins du massif et les producteurs voisins. Les assiettes arrivent colorées, les saveurs précises, équilibrées. Une vraie bonne adresse, qui s’inscrit naturellement dans le voyage.

© David Rosemberg
© David Rosemberg

Dans les pas de Van Gogh

L’après-midi se poursuit à proximité du boulevard Gambetta. Sur un peu plus d’un kilomètre et demi, la Route de Van Gogh relie le centre de Saint-Rémy-de-Provence au monastère de Saint-Paul de Mausole. Le long du parcours, dix-neuf reproductions pour confronter les tableaux aux paysages qui les ont inspirés. Face aux oliviers, aux cyprès et aux champs de blé ouverts sur le massif, cette impression étrange que rien n’a bougé.
À quelques minutes du monastère, les vestiges de Glanum rappellent un héritage bien plus ancien. Née autour d’une source sacrée, la cité s’est développée au fil des influences grecques puis romaines. Dans ce territoire, chaque époque a laissé son empreinte. Aujourd’hui, cette ville continue d’être nourrie par la vie culturelle et les nombreux voyageurs qui la traversent.

Adresse où dormir : Les Remparts, immersion dans l'histoire de Saint-Rémy-de-Provence

Après deux jours passés à l’Atelier et à seulement quelques minutes à pied, changement de lieu, changement d’atmosphère. Là où la terrasse de l’appartement des architectes nous invitait à observer les Alpilles, Les Remparts nous plonge à l’intérieur de l’histoire de Saint-Rémy. Construite dans les anciens remparts de la ville, cette maison de ville déploie ses espaces sur quatre niveaux, reliés par un jeu d’escaliers et de passerelles qui invitent à l’exploration. Les poutres blanchies à la chaux, le tadelakt et le bejmat marocain dévoilent la sensibilité des frères Bosc aux matériaux nobles et aux cultures du monde. On n’est pas juste dans un bel endroit, on est dans un endroit vivant. On s’y sent inspiré.
La vue depuis le toit-terrasse est juste saisissante. Les toits du village, le cyprès dressé vers le ciel, le clocher de l’église, les Alpilles… On marque un temps d’arrêt, ému par le panorama. Le paysage n’est plus un décor, il devient cet espace où le regard du visiteur peut entrer en communion avec l’inspiration du peintre. Un dernier cadeau, le bassin chauffé perché en haut des remparts, un vrai bonheur. On n’a plus envie de quitter cette terrasse. Clairement, les frères Bosc ne cherchent pas à montrer la Provence, ils nous invitent à habiter cet imaginaire si souvent fantasmé.

© David Rosemberg
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Les Alpilles vers Baux-de-Provence

Au petit matin, nous partons à vélo découvrir le Parc Naturel Régional des Alpilles. Depuis Saint-Rémy-de-Provence, la petite route du Val d’Enfer permet de rejoindre Les Baux-de-Provence en une dizaine de kilomètres. L’itinéraire traverse une succession de pinèdes, d’oliveraies et de falaises calcaires qui comptent parmi les paysages les plus emblématiques des Alpilles. Chaque virage ouvre une nouvelle perspective, c’est splendide.
À mesure que l’on approche, Baux-de-Provence apparaît posée sur son rocher, comme une excroissance naturelle. Quelques centaines de mètres avant l’entrée du village, les anciennes carrières de pierres accueillent aujourd’hui les Carrières de Lumières. De véritables cathédrales souterraines, où les œuvres de grands maîtres de la peinture sont projetées sur des parois monumentales, transformant la roche en écran géant. C’est incroyable de beauté.
Quelques derniers coups de pédales et nous sommes dans le cœur des Baux-de-Provence. Derrière les remparts, les ruelles de pierre serpentent entre maisons anciennes, petites échoppes et terrasses ombragées. Hors saison, le village offre une tranquillité qui contraste avec son image de carte postale provençale. Le regard passe des façades aux paysages, et revient toujours à la roche, omniprésente.

© David Rosemberg

Où manger : Domaine de Baumanière, la Provence dans l'assiette

Au pied du village, on rejoint l’un des plus beaux hôtels du coin. Le Domaine de Baumanière, niché dans un environnement sublime, entre falaises calcaires et jardins méditerranéens, est une institution du patrimoine gastronomique provençal. Deux tables d’exception, deux sensibilités, mais une même attention portée aux produits, aux saisons et aux paysages qui entourent les massifs.
Michel Hulin signe à La Cabro d’Or une cuisine solaire d’une grande finesse, qui célèbre le terroir provençal. C’est là que nous déjeunons, à l’ombre de la pergola, bercés par un petit filet d’air frais. Tout appelle à prendre le temps, le lieu invite à la discussion, à la détente, à la contemplation. Le service est exceptionnel, aux petits soins, sans insistance ni pression.
Au sein du même domaine, à l’Oustau de Baumanière, si vous voulez manger à la table de Glenn Viel, pensez à vous y prendre au moins un an à l’avance.
En quittant les Baux, le paysage change une dernière fois. Nous reprenons la route en longeant une partie du canal des Alpines en direction d’Eyragues, pour terminer notre séjour. À l’ombre des platanes, tandis que les parfums de thym et de romarin s’élèvent de la garrigue, l’itinéraire retrouve des vues plus paisibles.

Direction un autre village des Alpilles : Eyragues

Adresse où dormir : A Eyragues, la Bastide des Chardons, le cœur des maisons imaginaires

C’est au centre d’Eyragues, village paisible et typiquement provençal, que nous découvrons la maison la plus personnelle et intimiste de la collection des Maisons Imaginaires. La Bastide des Chardons est pensée comme une vraie maison de famille ouverte aux voyageurs. Les frères Bosc ont d’ailleurs interrompu plusieurs fois les travaux de rénovation pour y accueillir leur tribu et vivre les lieux.

Plus vaste, elle accueille jusqu’à quinze occupants dans une ancienne demeure du XVIIIe siècle transformée avec une liberté totale. Les pièces se succèdent comme dans un labyrinthe. Chacune a sa propre identité. Les volumes sont généreux, le travail d’architecture est impressionnant. Trois salons ouvrent progressivement la visite avant de conduire vers l’ancien moulin, aujourd’hui transformé en une immense cuisine et salle à manger dont la double hauteur est spectaculaire. On avance de surprise en surprise, comme dans une maison qui s’est agrandie au fil des générations. Le jardin n’est jamais loin. Il apparaît au détour d’une fenêtre, prolonge une vue, attire dehors. Toute la maison paraît construite autour de cette respiration.

Rien n’est lisse, tout est pensé pour composer avec les traces du temps. C’est là qu’on reconnaît le talent des frères Bosc. Un ancien meuble de pharmacien devient une pièce maîtresse. De vieux réchauds à pétrole se transforment en tables de nuit. Un miroir piqué par le temps trouve toute sa place à côté de pièces très modernes. À l’extérieur, les grandes tables installées sous les arbres et les chaises longues au bord de l’eau prolongent avec délice la vie de la maison.
Les Maisons Imaginaires ne sont pas pensées comme des hôtels, ce sont des signatures, des écrins dispersés dans les Alpilles. Ce sont des lieux qu’on loue pour s’inspirer, se sentir vraiment chez soi, lâcher prise. D’ailleurs, la collection continue de s’agrandir, et d’autres maisons imaginaires sont en train de sortir de terre.

© David Rosemberg
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