Week-end dans le Gard au départ du Vieux Castillon et de la Maison d'Uzès

Week-end dans le Gard : à contre-temps

Deux nuits dans le Gard (Occitanie) pour remonter le temps, de Castillon-du-Gard à Uzès, avec le Pont du Gard comme fil conducteur.

© Pauline Soler

Découvrir le Gard au départ de deux hôtels testés et aimés

Septembre. C’est la fin de l’été. Enfin, sur le calendrier. À Castillon-du-Gard, on arrive sous un ciel qui hésite entre l’orage et les derniers rayons du soleil. Quelques gouttes, une lumière dorée et, devant nous, un village médiéval fait de ruelles étroites et de façades blondes. Il suffit de lever les yeux : une gargouille ici, une sculpture animale là, une fenêtre ancienne un peu plus loin. L’histoire se cache dans les détails. On emprunte l’une des ruelles pavées et nous voilà au Vieux Castillon, qui nous accueille pour la nuit.

Jour 1 dans le Gard : quand l'été joue les prolongations

Dormir au Vieux-Castillon

Ici, « vieux » s’entend comme chargé d’histoire. L’hôtel réunit plusieurs maisons médiévales assemblées au fil du temps, reliées par des passages, des escaliers, des patios. Un village dans le village. Et très vite, une envie : s’y perdre. Passer sous une voûte, monter quelques marches, pousser une porte, découvrir un patio, repartir dans l’autre sens. On poursuit les dernières lumières de la journée autant que les recoins de la maison.
Partout, le temps a laissé son empreinte. La pierre réchauffe les murs, le marbre blond rafraîchit les sols. Des tons sable, miel et crème qui captent la lumière différemment à chaque heure. Et puis cette odeur de figue qui nous suit pas à pas. Après la pierre, l’empreinte devient olfactive.

© Pauline Soler

Les chambres du Vieux-Castillon

Dans les chambres, la pierre s’impose toujours, mais le décor se fait plus contemporain : de belles matières, peu d’effets et beaucoup d’espace. Et surtout ce lit dans lequel on pourrait franchement décider de disparaître jusqu’au lendemain.
Quelques attentions nous attendent : gâteaux maison, jus de producteurs, soins Clarins… 

On avait aperçu le patio en arrivant : un olivier majestueux en son centre, une végétation méditerranéenne tout autour, mais aussi des poufs berbères, des coussins et des fauteuils en osier. En plein été, on imagine facilement ce refuge quelques degrés plus frais, protégé du soleil. Nous, on s’y voit surtout en début de soirée, bercé par les cigales. Mais pas tout de suite. Le home tour n’est pas terminé.

Quelques marches plus haut, changement de décor : la piscine apparaît, posée au-dessus du paysage, entourée de vestiges minéraux. Derrière elle, une vue imprenable sur les vignobles du Gard et, au loin, le mont Ventoux. Et parce que la météo avait visiblement décidé d’en faire un peu trop ce soir-là, l’orage nous offre un double arc-en-ciel au-dessus de la vallée.

De la table du soir au réveil au Vieux-Castillon

Le vent se lève, le ciel change encore. C’est le bon moment pour rejoindre La Table du Castillon.

On vous recommande le menu dégustation. La cuisine part du Sud puis s’autorise quelques détours : produits de saison, assiettes très précises et surtout des assaisonnements qui font vraiment la différence. C’est beau, évidemment. Mais surtout, c’est bon, et l’on préfère toujours quand les deux vont ensemble.

Même sentiment côté service : précis sans être guindé, attentionné sans en faire trop. Ce sens du détail qu’on retrouve partout dans l’hôtel.

Au réveil, tout a changé. Le ciel est bleu azur, la lumière orangée et la pierre n’a déjà plus la même couleur que la veille. C’est peut-être ce qui nous restera le plus du Vieux Castillon : un lieu qui change d’atmosphère à mesure que la lumière tourne.
On retrouve la salle du dîner pour le petit-déjeuner, cette fois baignée de soleil. En contrebas, l’eau de la piscine scintille ; plus loin, la vallée se réveille doucement. Le buffet propose à peu près tout ce dont on pourrait avoir envie. Mais soyons honnêtes : first, coffee.

© Pauline Soler

Le Pont du Gard, forcément !

© Pauline Soler

Avant de reprendre la route, on retourne marcher dans Castillon-du-Gard. Et forcément, à force de parler de pierre, d’histoire et de regarder dans sa direction, le Pont du Gard finit par nous appeler. Il n’est qu’à quelques kilomètres. Le soleil est revenu, septembre nous offre une température parfaite et surtout un luxe que juillet et août permettent rarement : la tranquillité. Après tout, depuis notre arrivée, il est déjà un peu partout. Dans le paysage, dans la pierre, dans l’histoire du lieu. Autant aller le voir de plus près.

Jour 2 dans le Gard : d'un siècle à l'autre, direction Uzes

Dormir à la Maison d'Uzès

La Maison d’Uzès occupe un magnifique hôtel particulier du XVIIe siècle en plein cœur de la ville.

Dans notre chambre, on retrouve ce qui nous avait déjà fait sourire au Vieux Castillon (hôtel appartenant tout deux à la Collection H8) : ces petites attentions qui changent tout. Une gourmandise sous cloche, de la lavande, un joli savon, un éventail bienvenu pour les journées écrasantes… et une bouteille de rosé qui nous attend bien au frais. Les chambres ont conservé le charme de l’ancien : tomettes au sol, cheminée, murs de pierre (oui, encore eux) auxquels répondent des éléments contemporains. Zelliges dans la salle de bain, miroir design, mobilier choisi avec soin. 

La Maison d’Uzès se déploie autour d’une cour intérieure verdoyante qui relie les deux bâtiments. En son centre, un bassin capte les derniers rayons du soleil, entouré de transats et de murs anciens.
Après une journée à arpenter la ville, difficile de résister. Le bassin appelle à ralentir, à s’asseoir enfin, à laisser la chaleur retomber doucement. La ville est juste derrière, mais ici, tout semble plus calme. On s’installe au bord de l’eau, encore baignées par la lumière de fin de journée, avec cette sensation très simple d’être exactement au bon endroit.

© Pauline Soler

A la table étoilée de la Maison d'Uzès

Pour finir ces deux jours à contre-temps, changement de rythme : direction La Table d’Uzès pour un dernier voyage, en quatre temps. Une étoile Michelin, Christophe Ducros aux commandes et une cuisine qui déroule son histoire avec précision. Dit comme ça, on pourrait s’attendre à quelque chose de très cérémonieux, mais ce n’est pas l’esprit. L’expérience est précise, oui. Très précise même, tout en restant avant tout gourmande.
Le dîner commence par une succession de bouchées qui donnent le ton : tartelette au poivron, panisse, artichaut, notes iodées… Beaucoup de textures, de fraîcheur et cette façon de déplacer légèrement les repères sans jamais perdre le plaisir.
La suite joue en permanence entre végétal et produit. Le pois chiche est travaillé sous plusieurs formes, la dorade coryphène arrive tout en finesse, puis l’agneau apporte quelque chose de plus rond, plus généreux. Les assiettes changent de registre, mais gardent toujours ce même équilibre.
Les produits locaux ont toute leur place dans ce voyage culinaire, des fleurs aromatiques d’Elsa aux artichauts d’Adrien. Le terroir est là, mais jamais surjoué. La technique non plus : elle soutient l’assiette sans chercher à voler la vedette.
On termine sur la figue rôtie, accompagnée de crêpe gavotte et de yaourt. Une fin à la fois fraîche, croustillante et très gourmande. Enfin, presque.
Parce qu’une dernière petite surprise nous attend en coulisses. On pourrait vous la raconter, mais ce serait gâcher une partie du plaisir, alors on gardera celle-ci pour nous ! 

© Pauline Soler

Les informations pratiques pour organiser votre échappée dans le Gard

Pour vous y rendre :

En TGV jusqu’à Nîmes (2 h 50 depuis Paris) ou Avignon TGV (2 h 40), puis 30 minutes de voiture de location à travers les routes bordées de cyprès.

Pour dormir & manger :


Pour flâner à Uzès :

  • Premier arrêt au Jardin médiéval, installé au pied des tours de l’ancien évêché. Plus de 450 espèces y racontent à leur manière les usages des plantes au Moyen Âge : médicinales, tinctoriales, alimentaires… On grimpe ensuite jusqu’à la tour du Roi pour prendre de la hauteur. Là-haut, les toits d’Uzès s’étendent sous nos yeux et donnent immédiatement envie de redescendre s’y perdre. C’est exactement ce qu’on fait. Nous avons repéré pour vous une visite guidée de 2h pour celles et ceux qui aimeraient prolonger l’expérience.
  • Deuxième arrêt la Maison Pérenne, où des tissus anciens reprennent vie sous forme de pièces uniques ; puis l’atelier d’Anna Karin, où la porcelaine joue les contrastes entre formes brutes et détails délicats. 

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