Pays basque : l'été en rappel
Trois jours sur la côte basque pour retrouver l’été, d’Anglet à Biarritz, entre tables généreuses, peau salée et vagues automnales.
- Mis en ligne octobre 2026 • Récit de voyages & photos Pauline Soler
Découvrir le Pays basque en trois jours
Et si l’été n’avait pas vraiment dit son dernier mot ? Après le Gard, changement de décor !
Au milieu de l’automne, direction le Pays basque pour trois jours à jouer les prolongations entre Anglet et Biarritz. Au programme : des vagues, des baignades improvisées, des tables généreuses et cette douceur de vivre qui donne envie de laisser le calendrier de côté. Une parenthèse iodée, dans le prolongement de nos escapades hors saison sur la côte landaise, où l’on passe des terrasses ensoleillées aux plages presque désertes, sans jamais perdre l’océan de vue. Après tout, qui a décidé que les vacances devaient s’arrêter en septembre ?
Jour 1 : sur la côte basque
L’été, sur un malentendu
Sur la côte basque, la météo cultive un goût certain pour le suspense, si bien qu’on avait sciemment choisi d’ignorer les prévisions. L’ambition tenait en une phrase : étirer la belle saison d’un fil, pour peu qu’elle veuille bien coopérer.
À l’arrivée du train en gare de Biarritz, le ciel balance encore entre deux humeurs. Les valises à peine déposées au Palmito Hôtel, l’appel du large prend le dessus : départ immédiat vers Anglet à pied, au fil de la promenade littorale. Quarante-cinq minutes de marche suffisent pour épouser le tempo local, respirer les premiers embruns et mesurer la force des rouleaux qui éclatent au loin. Le vent finit par chasser les nuages, on prend ça comme un encouragement.
À Anglet, les vacances à table
La promenade ouvre l’appétit et mène tout droit à la Beach House, un restaurant aux allures de maison de vacances niché à deux pas de l’océan. On s’installe dans le patio, au bord de la piscine. Autour de nous, du bois, une végétation tropicale, des parasols colorés et des tables que l’on imagine facilement occupées jusqu’à la fin des longues journées d’été. L’air est doux. On commence à trouver ce qu’on était venues chercher.
Jérôme Fillol vient nous raconter le lieu, repris quelques mois plus tôt. L’ancien demi de mêlée du Stade Français, également passé par La Belle Saison à Bordeaux, a choisi de poser ses valises au Pays basque. Dans les assiettes, son envie se traduit par des produits sourcés localement et une cuisine qui leur laisse toute la place.
L’assiette végétarienne nous convainc immédiatement. Les légumes de saison passent d’une cuisson à l’autre, du croquant au fondant, avec des pickles pour réveiller l’ensemble et un œuf coulant pour faire le lien. Même les fleurs ont quelque chose à raconter côté goût. Le plat du jour tient lui aussi ses promesses : rôti de cochon, jus et purée de potimarron. On pourrait y rester un grand moment encore mais de l’autre côté de la route, l’océan nous attends.
Octobre, la peau salée
Il suffit de traverser pour fouler le sable de la plage de Marinella, et de quelques secondes (sans) hésitation avant de plonger. L’eau est encore douce pour la saison. On se laisse porter, bousculer, parfois complètement recouvrir par les vagues. Au loin, les reliefs ferment l’horizon. Le ciel et l’océan passent du bleu azur au bleu gris, jusqu’à presque se confondre. Il y a peu de monde sur le sable. On reste dans l’eau, on regarde autour de nous, on mesure notre chance. Avoir la peau salée au début du mois d’octobre : on tient peut-être là notre définition de l’été indien
Biarritz, avec escale ailleurs
Retour au Palmito pour une douche, avant de repartir profiter des dernières lumières. Niché sur les rochers du Port-Vieux, l’Eden Rock offre un joli point de vue pour commencer la soirée : une sangria à la main, le regard passe des derniers baigneurs au rocher de la Vierge et plus personne ne regarde vraiment l’heure.
Pour dîner, changement de latitude sans quitter le quartier direction le Palmito Food Market où les cuisines du monde se rencontrent dans un décor vintage aux accents polynésiens. L’esprit aloha se traduit ici assez simplement : accueillir, partager et se retrouver autour d’une table, sans être pressé de la quitter. Nous choisissons les assiettes tex-mex d’El Taco del Diablo, servies avec une générosité qui devrait nous donner suffisamment d’énergie pour le lendemain.
Notre chambre nous attend à deux pas, dehors la vie nocturne biarrote bat son plein et filtre doucement à travers la fenêtre, nous restons raisonnable car demain on se jette à l’eau.
Jour 2 : sur la côte basque
Salutation au soleil, puis à l’océan
La journée commence sur les tapis de Yogamar, juste derrière le Palmito. Organisé sur demande par l’hôtel, ce cours de vinyasa réveille le corps et quelques muscles qui vont beaucoup travailler dans les heures suivantes. Un bon échauffement avant de retrouver Charles, de Mahi Mahi Surf School, lui aussi recommandé par l’hôtel. Une recommandation que nous faisons volontiers circuler à notre tour.
Sur la Côte des Basques, le ciel est bleu et les vagues permettent à chacune de se faire plaisir à son niveau. Pendant deux bonnes heures, les tentatives s’enchaînent, avec beaucoup de rame, quelques jolies vagues et un nombre de tasses que nous préférons ne pas comptabiliser.
Nous ressortons épuisées, mais portées par cette énergie très particulière que l’océan sait donner. Il vous secoue, vous oblige à recommencer, puis vous offre quelques secondes de glisse qui suffisent à effacer les efforts précédents. Difficile de décrocher complètement, même une fois revenues sur la terre ferme : assises sur les marches du Surfing, un café glacé à la main, nous continuons de regarder les autres prendre les vagues. La petite sieste qui suivra nous semble parfaitement méritée.
Le soleil se couche, pas nous
Pour le coucher du soleil, direction le rocher de la Vierge. Le rendez-vous est classique, mais devant le spectacle, aucune envie de faire les originales. La lumière nous retient un moment avant que la balade se poursuive jusqu’au Port des Pêcheurs.
On s’attarde devant chaque crampotte : ces maisonnettes blanches aux volets peints, dont les façades arborent des noms familiers “salut Muku Muku, bonsoir Anita!”
Tandis que des files d’attente se forment devant certaines adresses, une table disponible au Corsaire règle la question du dîner. La pioche s’avère parfaite : chipirons à l’Espelette, bulots et huîtres du bassin composent notre soirée côté mer. Le port étant juste en contrebas un concours improvisé de lancer de coquilles d’huîtres s’invite au programme: on n’avait pas prévu cette discipline-là!
Jour 3 : sur la côte basque
Encore une vague
Au réveil, les épaules se chargent de nous rappeler la session de la veille. Elles auraient sans doute apprécié une matinée tranquille, mais à neuf heures, nous retrouvons la Côte des Basques encore enveloppée de brume.
Les planches sous le bras, nous rejoignons une eau dont nous sentons à peine la fraîcheur. Pour un lundi matin, il y a déjà du monde au large. Chacun rame, observe les séries et attend son moment, à son rythme.
Passer la barre demande de puiser dans ses ressources avant de pouvoir reprendre son souffle et regarder l’horizon. Le surf réclame beaucoup d’efforts pour quelques instants debout, c’est vrai. Mais une partie du plaisir se trouve aussi entre deux vagues, dans ces minutes à sentir l’eau bouger sous la planche et à guetter le bon moment. Puis une vague vous emmène enfin, et la satisfaction de réussir à la prendre à sa façon suffit à donner envie de recommencer.
Lorsque le soleil perce la brume, le bleu reprend toute la place. Difficile d’accepter qu’il faut déjà rendre les planches. Un dernier café au Surfing permet de prolonger un peu le moment, les yeux tournés vers ceux qui continuent de glisser. La date du prochain séjour commence déjà à occuper la conversation…
Un dernier café avant le départ
Le voyage se termine comme il a commencé, à la gare de Biarritz, avec une dernière découverte : OVNI. Le genre de lieu que l’on aimerait trouver avant chaque départ, quitte à arriver un peu plus tôt.
Café-cantine, friperie et bureaux partagés y cohabitent dans un décor chaleureux, avec un accueil qui donne envie de s’installer. Entre les pièces vintage et les créations swimwear de la marque espagnole Coladepez, imaginées par Elena, la visite se prolonge. Il faut tout de même garder un œil sur l’heure : ce serait dommage de rater le train. Quoique.
Trois jours plus tôt, nous cherchions un reste d’été. Nous repartons avec du sel sur les affaires, quelques courbatures et des images de vagues qui risquent de nous suivre un moment. Ce début d’automne avait le goût des premières vacances, avec cette envie, à peine parties, de tout recommencer.
En route vers le Pays basque
Y aller
En train jusqu’à Biarritz. Sur place, l’essentiel du séjour peut se faire à pied ou/et en bus.
Où poser ses valises ?
Palmito Hôtel Au cœur de Biarritz, à deux pas du Port-Vieux. Réservation de séances de yoga et de surf sur demande.
Où s’attabler et boire un verre ?
Beach House, Anglet Cuisine de saison et produits locaux, dans un patio avec piscine face à la plage de Marinella.
Eden Rock, Biarritz Pour un verre et/ou dîner sur les rochers du Port-Vieux, avec vue sur l’océan.
Palmito Food Market Street food du monde et décor vintage polynésien. Coup de coeur : les assiettes tex-mex d’El Taco del Diablo.
Le Corsaire Poissons et fruits de mer aux accents basques, au Port des Pêcheurs.
Avant, pendant et après les vagues
Yogamar Studio de yoga derrière le Palmito, réservation possible par l’hôtel.
Mahi Mahi Surf School Cours de surf adaptés à chaque niveau.
Le Surfing Café/Déjeuner et pause après-surf avec vue sur les vagues.
Coladepez Marque espagnole de swimwear créée par Elena, à découvrir chez OVNI.
OVNI Café-cantine, friperie et bureaux partagés à la gare de Biarritz.